FOMO et addiction aux écrans

Vérifier son téléphone au réveil, scroller « cinq minutes » qui deviennent une heure, ressentir un pincement en voyant les stories d’une soirée où l’on n’était pas : les écrans occupent une place croissante dans nos vies, et avec eux une forme d’anxiété bien particulière. On l’appelle FOMO, pour Fear Of Missing Out : la peur de manquer quelque chose, identifiée par les chercheurs comme un moteur puissant de l’usage compulsif des réseaux sociaux.
Adolescent·e collé·e à son smartphone, adulte qui n’arrive plus à lâcher les notifications, parent inquiet devant le temps d’écran de son enfant : si cette description vous parle, sachez qu’il ne s’agit ni d’un manque de volonté, ni d’un vice. Ces outils sont conçus pour capter l’attention ; en reprendre le contrôle s’apprend, et un accompagnement psychologique peut y aider en profondeur.
Ce que vous vivez au quotidien
La FOMO et l’usage excessif des écrans ne se résument pas à « aimer son téléphone ». Ils installent une tension de fond qui colore toute la journée : la crainte diffuse qu’il se passe quelque chose, quelque part, sans vous. Réseaux sociaux, vidéos courtes, jeux, fils d’actualité : les plateformes exploitent précisément cette crainte, avec des notifications et un défilement sans fin pensés pour ne jamais vous laisser conclure.
Vous pouvez, par exemple, vous reconnaître dans certaines situations :
⚜ Vous vérifiez votre téléphone par réflexe, même sans notification, parfois quelques minutes à peine après l’avoir posé.
⚜ Vous ressentez une agitation ou un inconfort quand vous ne pouvez pas consulter vos réseaux : en réunion, au cinéma, la nuit.
⚜ Vous scrollez sans fin, puis vous culpabilisez du temps perdu, ce qui vous pousse paradoxalement à replonger.
⚜ Vous comparez votre vie à celle des autres en ligne, avec le sentiment décourageant qu’elle est moins belle, moins remplie, moins réussie.
⚜ Vous n’êtes plus vraiment présent·e : à table, en famille, entre amis, une partie de vous reste connectée ailleurs.
⚜ Vous repoussez travail, études ou sommeil, happé·e par « encore une vidéo », « encore un fil de discussion ».
Beaucoup de ces comportements sont devenus si courants qu’ils passent pour normaux. C’est leur accumulation, et la souffrance qu’ils génèrent, qui doit alerter.
Quand l’usage devient envahissant
On parle d’usage problématique des écrans lorsque ceux-ci prennent le pas sur les besoins fondamentaux et les activités importantes, et que la personne ne parvient plus à réguler seule, malgré ses tentatives.
Certains signes peuvent vous alerter :
⚜ L’impression de ne plus pouvoir décrocher, même quand vous le décidez fermement la veille.
⚜ Une forme de manque ou d’irritabilité dès que l’accès aux écrans est limité.
⚜ Un sommeil grignoté : couchers de plus en plus tardifs, téléphone dans le lit, réveils nocturnes pour vérifier.
⚜ Des obligations négligées : travail bâclé, études en retard, démarches repoussées, repas sautés.
⚜ Des relations qui s’appauvrissent : sentiment d’être « à moitié là » avec les autres, conflits autour du téléphone à la maison.
⚜ L’utilisation des écrans pour fuir des émotions douloureuses : ennui, solitude, tristesse, angoisse.
Avec le temps, ce cercle entretient l’anxiété et l’humeur dépressive, fragilise l’estime de soi et isole. Chez les jeunes, il peut aussi exposer davantage au cyberharcèlement, qui mérite une attention spécifique.
Chez les adolescents, la question est d’autant plus sensible que les réseaux sont devenus un véritable espace de vie sociale : couper l’écran, c’est parfois couper le lien avec les copains. C’est pourquoi les interdictions brutales fonctionnent rarement ; comprendre ce qui se joue derrière l’écran fonctionne beaucoup mieux.
Ce qu’une psychothérapie peut vous apporter
Consulter pour un problème d’écrans ne signifie pas qu’on vous demandera de jeter votre téléphone. La recherche sur la FOMO montre qu’elle diminue quand les besoins psychologiques profonds, en particulier le besoin de lien, sont mieux nourris. C’est exactement le travail que nous menons ensemble.
Une thérapie peut vous permettre de :
⚜ Comprendre votre relation aux écrans : ce qu’ils vous apportent, ce qu’ils comblent, ce qu’ils évitent.
⚜ Identifier les émotions sous-jacentes : peur d’être exclu·e, solitude, ennui, anxiété de performance, besoin de reconnaissance.
⚜ Repérer les déclencheurs des usages compulsifs : moments, lieux, états émotionnels.
⚜ Apprendre à réguler l’anxiété autrement qu’en saisissant votre téléphone.
⚜ Renforcer votre estime de vous pour désamorcer la comparaison permanente avec les vies mises en scène en ligne.
⚜ Mettre en place des limites réalistes et tenables, choisies par vous, plutôt qu’imposées et vite abandonnées.
Pour les parents d’adolescents, l’accompagnement aide aussi à sortir du bras de fer quotidien : comprendre ce que les écrans représentent pour votre jeune, restaurer le dialogue et poser un cadre qui protège sans rompre le lien. Une consultation à deux, parent et adolescent·e, est parfois le meilleur point de départ pour désamorcer le conflit et remettre tout le monde du même côté.
Votre première consultation
Consulter « pour des écrans » peut sembler exagéré, et beaucoup n’osent pas franchir le pas pour cette raison. Pourtant, derrière l’écran, il y a toujours autre chose : c’est ce que nous prenons le temps d’explorer, sans jugement et sans moralisation.
Lors de la première consultation (50 minutes en individuel, 60 minutes lorsque vous venez à plusieurs), un·e adolescent·e peut venir accompagné·e d’un parent, puis bénéficier de son espace propre.
Concrètement, ce premier entretien permet :
⚜ De décrire votre quotidien numérique : applications, moments, durées, ce qui vous attire et ce qui vous retient.
⚜ D’évaluer l’impact sur votre sommeil, votre humeur, vos études ou votre travail, vos relations.
⚜ De comprendre les fonctions de cet usage : refuge, stimulation, lien social, évitement.
⚜ De clarifier vos objectifs : ce que vous aimeriez retrouver, temps, sommeil, concentration, liberté.
⚜ De définir un cadre de travail : rythme des séances, implication éventuelle des parents pour les plus jeunes.
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec un plan de désintoxication : l’envie d’y voir plus clair suffit largement.
Faire le pas vers un accompagnement
Si votre téléphone décide de vos soirées, si le scroll a remplacé le sommeil, les amis ou les projets, ou si vous assistez impuissant·e à l’isolement numérique de votre adolescent·e, il est légitime de demander de l’aide.
L’objectif n’est pas de diaboliser le numérique, mais de vous redonner le choix : utiliser les écrans quand vous le décidez, et vivre pleinement le reste du temps.
À mon cabinet de Braine-l’Alleud ou en ligne, je vous accompagne vers un rapport plus libre et plus apaisé au numérique. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne : un geste de quelques secondes d’écran, pour beaucoup de temps retrouvé.

