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Harcèlement et cyber-harcèlement


Le harcèlement ne se limite pas à la cour de récréation. Il peut se vivre à l’école, au travail, dans un groupe d’amis ou derrière un écran, à travers des moqueries répétées, des humiliations, des rumeurs, de l’exclusion ou des messages blessants. Ce qui le caractérise, ce n’est pas un conflit ponctuel : c’est la répétition, le déséquilibre des forces et l’impossibilité de s’y soustraire seul·e.


Si vous êtes concerné·e, vous savez à quel point ces situations isolent. On vous a peut-être dit de « ne pas y faire attention », que « ça allait passer », ou que vous étiez « trop sensible ». Pourtant, ce que vous vivez est réel, et ses effets sur votre santé psychique méritent d’être pris au sérieux. Une chose est essentielle à entendre dès maintenant : vous n’avez rien fait pour mériter cela.


Cet article est pour vous si :


⚜ vous subissez ou avez subi du harcèlement scolaire, du harcèlement au travail ou du cyberharcèlement ;

⚜ votre enfant ou votre adolescent·e est victime de harcèlement à l’école et vous cherchez comment l’aider ;

⚜ la situation est terminée depuis longtemps, mais ses traces continuent de peser sur votre confiance et vos relations.


Ce que vous vivez au quotidien


Le harcèlement agit rarement par un seul grand choc : il use, jour après jour, par accumulation. Beaucoup de victimes décrivent un état d’alerte permanent, comme si elles devaient anticiper sans cesse la prochaine attaque, le prochain regard, le prochain message.


Vous pouvez, par exemple, vous reconnaître dans certaines de ces situations :


⚜ Vous ressentez une boule au ventre avant d’aller à l’école ou au travail, parfois dès le dimanche soir ou la veille au soir.

⚜ Vous êtes en hypervigilance : vous analysez les regards, les silences, les groupes qui se forment, à la recherche du moindre signe de menace.

⚜ Vous avez honte de ce qui vous arrive, au point de ne pas en parler, même à vos proches, de peur de ne pas être cru·e ou de « faire des histoires ».

⚜ Vous commencez à douter de vous : et si c’était vrai, ce qu’ils disent ? Et si le problème, c’était vous ?

⚜ Vous vous isolez progressivement : vous évitez certains lieux, certaines personnes, certaines activités que vous aimiez pourtant.

⚜ Votre corps parle : troubles du sommeil, maux de ventre, fatigue, perte d’appétit, difficultés de concentration.


Ces réactions ne sont pas des faiblesses. Ce sont des réponses normales à une situation anormale. Le doute et la honte font partie des mécanismes mêmes du harcèlement : ils se soignent, et ils ne disent rien de votre valeur.


À l’école, au travail ou en ligne : des formes différentes, une même blessure


Chaque contexte a ses spécificités, mais le mécanisme de fond reste le même : des actes répétés qui visent à rabaisser, exclure ou faire peur, face auxquels on se retrouve seul·e.


⚜ Le harcèlement scolaire touche de très nombreux élèves : en Belgique francophone, environ un élève sur trois est concerné de près ou de loin, comme cible, témoin ou auteur. Pour un enfant ou un adolescent, l’école occupe une place centrale : quand elle devient un lieu de menace, c’est tout son équilibre qui vacille, parfois jusqu’au refus scolaire.


⚜ Le harcèlement au travail prend la forme de conduites abusives répétées : critiques incessantes, mise à l’écart, surcharge ou retrait injustifié de tâches, propos humiliants. En Belgique, la loi sur le bien-être au travail vous protège et prévoit des relais concrets, comme la personne de confiance ou le conseiller en prévention aspects psychosociaux de votre entreprise. Un accompagnement psychologique peut se construire en parallèle de ces démarches, sans jamais vous y obliger.


⚜ Le cyberharcèlement suit la victime jusque dans sa chambre : messages, publications, photos détournées, comptes anonymes. Il ne laisse aucun répit, peut devenir viral en quelques heures et reste visible longtemps. Chez les adolescents, il s’entremêle souvent avec une relation compliquée aux écrans et aux réseaux sociaux, entre peur de manquer ce qui se dit et peur de ce qu’on y découvre.


Quelle que soit la forme, les conséquences psychologiques sont sérieuses et documentées : perte d’estime de soi, anxiété, symptômes dépressifs, sentiment d’insécurité durable. Plus la situation dure, plus elle s’imprime. C’est pourquoi il est important de ne pas attendre que « ça passe tout seul ».


Ce qu’une psychothérapie peut vous apporter


Consulter un psychologue quand on est ou a été victime de harcèlement, ce n’est pas « dramatiser ». C’est offrir à ce que vous avez vécu un espace où il sera entendu sans être minimisé, et entamer un travail de reconstruction à votre rythme.


Une thérapie peut vous permettre de :


Mettre des mots sur ce que vous avez subi, raconter votre histoire sans crainte d’être jugé·e ou soupçonné·e d’exagérer.

Sortir de la culpabilité : comprendre les mécanismes du harcèlement aide à remettre la responsabilité là où elle se trouve, du côté des actes subis, pas de votre personnalité.

⚜ Restaurer votre sentiment de sécurité : apaiser l’hypervigilance, retrouver des lieux et des liens où vous pouvez baisser la garde.

⚜ Reconstruire votre estime de vous, abîmée par les moqueries et les humiliations répétées.

⚜ Développer des outils concrets : réagir face aux attaques, poser des limites, identifier les personnes ressources, préparer si besoin les démarches à l’école ou au travail.

⚜ Pour les parents : trouver comment soutenir votre enfant sans le brusquer, rétablir le dialogue et agir auprès de l’école de manière constructive.


Si le harcèlement appartient au passé mais que ses traces restent vives, ce travail garde tout son sens : il n’est jamais trop tard pour s’en libérer.


Votre première consultation


Faire le premier pas demande du courage, surtout quand on a appris à se taire. Vous n’avez pas besoin d’avoir les mots justes ni de « prouver » ce que vous avez vécu : vous pouvez arriver avec votre histoire telle qu’elle est, même confuse, même fragmentée.


Lors de la première consultation (50 minutes en individuel, 60 minutes lorsque vous venez à plusieurs), nous prenons le temps de faire connaissance, dans un cadre confidentiel et sans jugement. Un·e adolescent·e peut venir accompagné·e d’un parent pour la première rencontre, puis disposer de son propre espace de parole.


Concrètement, ce premier entretien permet :


⚜ De décrire la situation : ce qui se passe ou s’est passé, depuis quand, dans quel contexte, avec quelle intensité.

⚜ De faire le point sur votre état actuel : sommeil, anxiété, humeur, scolarité ou travail, vie sociale.

⚜ D’identifier vos ressources : les personnes de confiance, ce qui vous a aidé·e à tenir jusqu’ici.

⚜ De clarifier vos attentes : être écouté·e, comprendre, vous reconstruire, préparer des démarches concrètes.

⚜ De définir ensemble un cadre : rythme des séances, objectifs, implication éventuelle des parents pour les plus jeunes.


Rien ne sera entrepris sans votre accord : vous gardez la main sur ce qui se dit, se fait et se décide.


Faire le pas vers un accompagnement


Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, ou si vous reconnaissez votre enfant, ne restez pas seul·e face à cette situation. Le harcèlement enferme dans le silence ; en parler à un professionnel, c’est déjà commencer à en sortir. À mon cabinet de Braine-l’Alleud ou en ligne, je vous accueille avec bienveillance, à votre rythme, que la situation soit en cours ou qu’elle appartienne au passé.


Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne dès maintenant. Si vous êtes jeune et avez besoin de parler immédiatement, le 103 (Écoute-Enfants) est gratuit et accessible tous les jours ; pour les situations de cyberharcèlement, Child Focus répond au 116 000, 24h/24. Et si des pensées noires vous traversent, le Centre de Prévention du Suicide est joignable gratuitement au 0800 32 123.


Vous n’êtes pas « trop sensible ». Vous n’êtes pas seul·e. Et ce que vous avez traversé peut devenir une histoire dont vous n’aurez plus peur.



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