Perdre quelqu’un que l’on aime bouleverse tout : le quotidien, les repères, parfois même la façon dont on se voit soi-même. Le deuil n’a pas de calendrier, et il n’existe pas de « bonne » manière de le vivre. Pourtant, il arrive que la douleur reste aussi vive au fil des mois, comme si le temps ne faisait pas son œuvre. On parle alors de deuil difficile, ou de deuil prolongé.
Si vous traversez une perte qui vous semble impossible à porter, ce que vous vivez mérite d’être entendu. Dans cet article, je vous explique ce qui peut rendre un deuil plus lourd, comment repérer qu’il se bloque et comment une psychothérapie peut vous aider à avancer, sans oublier la personne disparue.
Cet article est pour vous si :
⚜ plusieurs mois après la perte, la douleur reste aussi intense qu’aux premiers jours ;
⚜ votre entourage semble attendre que vous « tourniez la page », alors que vous n’y arrivez pas ;
⚜ vous vous sentez seul·e avec ce chagrin, même bien entouré·e.
Il n’y a pas de seuil de souffrance à atteindre pour vous sentir concerné·e : si votre deuil vous pèse, cela suffit.
Ce que vous vivez au quotidien
Le deuil ne suit pas des étapes bien rangées. Il avance par vagues : des moments où la vie reprend un peu de place, puis un souvenir, une date ou une chanson qui ravive tout. Ces allers-retours sont normaux. Mais parfois, le chagrin prend toute la place et ne laisse plus d’espace pour le reste.
Vous pouvez, par exemple, vous reconnaître dans certaines situations :
⚜ la personne disparue occupe vos pensées presque en permanence, au point qu’il est difficile de vous concentrer ;
⚜ vous avez du mal à accepter le décès, comme si une part de vous attendait encore son retour ;
⚜ vous ressentez de la culpabilité ou de la colère : ce que vous auriez pu dire, faire, empêcher ;
⚜ vous évitez certains lieux, certaines photos ou certaines personnes parce que la douleur est trop forte ;
⚜ vous avez l’impression d’avoir perdu une part de vous-même, ou que la vie n’a plus vraiment de sens ;
⚜ vous vous sentez engourdi·e, incapable de ressentir de la joie, même dans les moments qui en apportaient avant.
Ces réactions ne sont pas un signe de faiblesse, ni la preuve que vous « vous y prenez mal ». Elles disent l’importance du lien qui vous unissait à la personne perdue.
Quand le deuil se bloque : ce qui peut le rendre plus difficile
Pour la plupart des personnes, la douleur du deuil reste présente mais s’apaise progressivement, et la perte finit par trouver une place dans la vie. Pour environ une personne endeuillée sur dix, le deuil reste bloqué : la souffrance demeure intense et envahissante bien au-delà de six mois, et elle empêche de reprendre le cours de sa vie. Ce deuil prolongé est aujourd’hui reconnu comme une difficulté à part entière, qui se soigne.
Certaines circonstances peuvent rendre le deuil plus lourd :
⚜ une mort soudaine ou violente : accident, suicide, maladie foudroyante ;
⚜ la perte d’un enfant, d’un ou d’une partenaire, ou d’une personne qui était au centre de votre vie ;
⚜ une grossesse interrompue ou la perte d’un bébé, un deuil encore trop souvent passé sous silence ;
⚜ une relation compliquée avec la personne disparue, des choses restées non dites ou non réglées ;
⚜ un entourage peu présent, ou d’autres difficultés qui s’accumulent en même temps ;
⚜ des pertes successives, qui ne laissent pas le temps de se remettre de la précédente.
Le deuil d’un animal qui partageait votre vie peut lui aussi être profond, et il n’a pas à être minimisé. Si vous avez vécu la perte d’une grossesse ou d’un bébé, la page consacrée à la grossesse et au post-partum aborde aussi ces moments.
Deuil ou dépression : faire la différence
Tristesse, fatigue, troubles du sommeil : le deuil et la dépression partagent de nombreux signes, et ils peuvent aussi coexister. Quelques repères aident pourtant à les distinguer.
Dans le deuil, la douleur est tournée vers la personne perdue : le manque, le désir de la retrouver, les souvenirs. L’estime de soi est en général préservée, et des moments de répit restent possibles, par exemple en évoquant un bon souvenir.
Dans la dépression, la tristesse s’étend à tout : une perte d’intérêt générale, un sentiment de ne rien valoir, un avenir qui semble fermé. Vous trouverez davantage de repères sur la page consacrée aux émotions, à l’anxiété et à la dépression.
Vous n’avez pas à savoir dans quelle catégorie vous vous situez pour consulter. C’est justement l’un des objectifs des premières séances : comprendre ce qui se passe pour vous.
Ce qu’une psychothérapie peut vous apporter
L’objectif n’est ni d’oublier, ni de « faire son deuil » au sens où l’on tournerait la page. Il s’agit plutôt de trouver une manière de continuer à vivre avec cette absence, en gardant un lien apaisé avec la personne disparue.
Une thérapie peut vous permettre de :
⚜ exprimer ce qui est difficile à dire ailleurs : la colère, la culpabilité, le soulagement parfois, sans être jugé·e ;
⚜ comprendre ce qui bloque votre deuil et ce qui le rend si lourd ;
⚜ traverser les souvenirs douloureux, notamment ceux des derniers moments, à votre rythme ;
⚜ transformer le lien avec la personne disparue, pour qu’elle reste présente autrement ;
⚜ apprivoiser les dates difficiles : anniversaires, fêtes, date du décès ;
⚜ retrouver peu à peu des projets et des moments de joie, sans vous sentir coupable.
Le deuil touche aussi le couple et la famille : chacun le vit à sa façon, avec des rythmes qui ne se rencontrent pas toujours. Si ces décalages créent des tensions, la page consacrée aux relations, à la famille et au couple peut vous intéresser. Je vous accompagne de manière progressive, en respectant votre rythme : rien ne vous est imposé.
Votre première consultation
Parler de la personne que l’on a perdue à quelqu’un que l’on ne connaît pas encore peut sembler difficile. Vous pouvez venir avec vos larmes, vos silences ou vos questions : tout a sa place, et vous n’aurez jamais à raconter ce que vous n’êtes pas prêt·e à dire.
La séance dure 50 minutes en individuel (60 minutes lorsque l’on vient à plusieurs, en couple ou en famille). Elle peut avoir lieu à mon cabinet de Braine-l’Alleud ou en ligne.
Concrètement, ce premier entretien permet :
⚜ de faire connaissance et de voir si vous vous sentez en confiance ;
⚜ de parler de la personne disparue et de ce qu’elle représentait pour vous, si vous le souhaitez ;
⚜ de faire le point sur ce que vous vivez aujourd’hui et sur ce qui vous soutient ;
⚜ de définir des objectifs qui ont du sens pour vous.
Vous n’avez rien à préparer. Venir, c’est déjà une étape.
Faire le pas vers un accompagnement
Il n’y a pas de délai « normal » au-delà duquel il serait trop tard ou trop tôt pour demander de l’aide. Que la perte soit récente ou ancienne, que votre entourage comprenne ou non, votre chagrin mérite un espace où il peut être déposé.
Je vous accueille à mon cabinet de Braine-l’Alleud ou en ligne. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne au moment qui vous convient.
Si la douleur devient trop lourde et que des idées de mort vous traversent, vous pouvez appeler à tout moment le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (24h/24) ou Télé-Accueil au 107.

